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    ESPLANADE DE LA COMMUNE DE PARIS : (RE)TISSER LE CŒUR BATTANT DU MONT D’EST

    Publié le 2 février 2026

    Le Mont d’Est poursuit sa métamorphose. Au centre de cette réinvention, l’Esplanade de la Commune de Paris s’affirme comme le point névralgique d’une nouvelle centralité. Entre désenclavement, lumière retrouvée et audace végétale, Laurent Forêt, directeur de la SOCAREN, nous livre les coulisses d’un chantier qui redessine notre horizon. Entretien.

    L’Esplanade est aujourd’hui en pleine mutation. Quelle est l’intention profonde qui guide ce projet d’envergure ?

    Laurent Forêt : Notre objectif premier, porté par une volonté politique forte, est de désenclaver le quartier. Nous voulons retisser des liens physiques et symboliques entre le Mont d’Est et son environnement, notamment le centre-ville et les nouveaux secteurs en développement à l’ouest. Le Mont d’Est a longtemps été perçu comme un bastion tertiaire refermé sur lui-même ; nous souhaitons le rendre plus mixte et poreux.

    Un des éléments fondateurs a été de casser cette frontière historique que matérialisait la cette dalle à l’entrée de ville. Cette structure n’était pas seulement une séparation physique, elle était une barrière psychologique. Aujourd’hui , nous créons une nouvelle place, une véritable centralité d’animation et de partage où les populations, habitants comme salariés, peuvent enfin se rencontrer et se croiser dans un cadre convivial et collectif. Nous (re)donnons de l’importance à « l’entre-deux », à ces espaces de déambulation qui font la ville vivante.

    On parle souvent du Mont d’Est comme d’un territoire minéral. Comment le végétal s’inscrit-il dans cette métamorphose ?

    LF : C’est une démarche environnementale radicale, presque indispensable pour le projet. Nous réinjectons de la terre et du végétal là où le béton dominait. L’eau joue aussi un rôle fondamental dans cette lutte contre les îlots de chaleur urbains.

    Le Mont d’Est deviendra un démonstrateur écologique grâce à ces futurs aménagements, des bureaux d’études ont mesuré des baisses de température allant jusqu’à -4°C lors des pics de chaleur. Cette préoccupation est en lien avec le développement des jardins du SK, pour apporter plus de biodiversité. Le projet est d’ailleurs lauréat Nature 2050 ! Ce n’est pas qu’un label, c’est une réalité biologique : nous voyons déjà la biodiversité revenir, en lien avec la revitalisation des lacs et notamment du lac des Mares-Dimanche voisin. Les hérons, les poissons et les oiseaux (ré)investissent les lieux dès que l’eau et l’ombre reprennent leurs droits.

    Où en sommes-nous concrètement sur le terrain après un an et demi de travaux ?

    LF : 2025 a été une année de satisfaction majeure, une phase de bascule où le projet a cessé d’être un dessin pour devenir un volume. La démolition de la dalle est achevée à 80%. Surtout, la superstructure du Socle Nord est désormais sortie de terre. On peut enfin toucher du doigt la vision que nous avions projetée.

    Ce qui me rend particulièrement fier, c’est la lumière. Nous avons mené un combat pour ramener la clarté du jour au rez-de-chaussée. Retrouver le ciel et la rue change déjà radicalement la perception de sécurité et de confort. C’est une victoire immédiate sur l’obscurité de l’ancienne dalle qui générait un sentiment d’insécurité. Aujourd’hui, les usagers voient loin, ils voient clair, et cela change concrètement leur parcours quotidien.

    Un chantier de cette ampleur, à proximité du RER, comporte forcément des défis techniques…

    LF : Absolument. La complexité réside dans notre proximité immédiate avec les infrastructures de la RATP et de la gare. Nous travaillons « à cœur ouvert »..  Nous remercions les riverains pour leur patience . Nous sommes attentifs aux nuisances que nous générons mais ils sont plutôt bienveillants parce qu’ils voient enfin le quartier se transformer concrètement.

    Quelles sont les prochaines étapes clés pour l’année qui commence ?

    LF : En février 2026, nous franchirons un cap symbolique mais complexe : la fermeture de l’accès RER sur la dalle pour dévier les flux vers le centre commercial. Cela va nous permettre d’enclencher la démolition lourde du Socle Sud, incluant l’ancien escalier.

    Pendant ce temps, le Socle Nord entrera dans sa phase de finitions qualitatives : pose des pavés, finitions des coques commerciales et plantations. C’est une étape de plus vers la concrétisation.

    Quand les usagers pourront-ils se (re)approprier les nouveaux espaces de vie ?

    LF : Nous avançons par étapes pour garantir la fluidité et l’animation du quartier :

    ●  T1 2027 (Socle Nord) : Livraison du secteur au pied du Clos des Cascades. Ce sera le pôle d’attractivité majeur avec une boulangerie, sept restaurants et un commerce de loisirs.

    ●  T3 2028 (Socle Sud) : Livraison du nouveau hub multimodal. Nous y installons des services essentiels au quotidien : une salle de fitness,  des commerces de proximité et un fleuriste.

    L’idée est d’offrir un parcours ascendant aux usagers : on arrive par le RER, on traverse une place lumineuse, on s’arrête pour un café ou une course, et on rejoint son bureau ou son logement dans un environnement apaisé.

    Comment l’Esplanade s’articule-t-elle avec les autres projets totems comme le SK, Courtine ou le Château ?

    LF : L’Esplanade n’est pas un projet isolé, c’est l’élément de centralité, le « poumon » qui irrigue tout le reste. Elle est le point de départ naturel des parcours vers nos autres lieux totems. Grâce à son emplacement en entrée de ville, elle permettra une connexion plus fluide entre chaque lieu.

    Notre rôle, dans le cadre du PPA (Projet Partenarial d’Aménagement), est de mieux relier ces lieux totems d’innovation. Que vous alliez vers les expérimentations du LiiEN, les bureaux agiles de Courtine ou le futur tertiaire du Château, vous passerez par l’Esplanade. Le Mont d’Est ne se contente plus de juxtaposer des bâtiments fonctionnels, il (re)crée une ville vivante, (re)unifiée et audacieuse.

    Le Mont d’Est se métamorphose. Nous (re)construisons ensemble le cœur du quotidien de chacun.